Le 08.07.08
À 14h37 :
Seershausen, Allemagne.
Chèr(e) ami(e),
Près de chez moi, sur les berges du lac, s'assoit chaque matin ton image. Fraiche et admirable, elle se tient telle une reine les mains sur les cuisses, les yeux légèrement baissés. Quoique son air pensif me soit maintenant familier, je meurs d'envie de la voir s'animer. Si c'était possible, j'aimerais que tu la contemples toi aussi cette pure édification de ton ame, ce mélange doux et juste de tes traits enfantins.
Quand le vent souffle un peu trop fort, ma vision se trouble et je ne sais plus si elle est belle et bien là, ou si mon imagination veut combler la tristesse que j'éprouve à ne pas t'avoir ici avec moi. Car je suis triste.
Et pourtant lorsque je me promène dans ces champs verts et jaunes, je n'éprouve pas de chagrin ni de regret! Et quand on me demande de conter mon voyage, je le fais en souriant.
Un sourire triste mais sincère.
Mon ami(e), je crains de ne revenir changée... Le vent souffle fort, mes certitudes sont balayées.
La seule idée qui me reste est que tu me manques. Et je le dis avec plaisir.
Alice.K
Le soleil des tropiques avait embelli sa blanche figure d'une teinte brune, d'un coloris merveilleux qui lui donnait une expression de poésie, et il y réspirait un air de grandeur, une fermeté majestueuse, un sentiment profond par lequel l'ame la plus grossière devait etre impressionnée. Sa longue et abondante chevelure, retombant en grosses boucles sur son coup plein de noblesse, ajoutait encore une image de puissance à la fierté de ce visage.
la Femme de trente ans, Balzac.